Cher docteur F,
J'ai passé mon enfance entre les murs froids et épais d'un monastère à l'image de la société. J'ai toujours été déprimé par la stupidité des jeunes de mon âge. Ce troupeau de mouton, bien gardé d'ailleurs, semble ne vivre que par les yeux des autres. Des yeux impitoyables refusant toute différence et toute vague. Ils se ressemblent tous et ne ressemblent à rien, surtout pas à eux mêmes. Leurs bergers sont appelés "mode" et les enchaînent les uns aux autres dans une danse monocorde. Ils tournent tous autour d'un noyau appelé leur petite personne. Le phénomène des blogs consiste à s'assumer dans des situations ridicules, cela aux yeux de l'entière terre. Comment voulez vous que l'image de la jeunesse soit belle ? Leurs clichés ne représentent qu'eux mêmes : quelle belle preuve de mégalomanie ! Leurs amitiés sont comparables à des châteaux de cartes : un élément change de posture et tout s'écroule. Tout est superficiel, rien n'est ancré et le bateau échoue sur les plages de l'hypocrisie. Il semble que l'indifférence soit le mot maître de cette bulle dont ils ne daignent pas sortir. À quoi peut ressembler ton spleen, ton désespoir et ton chagrin, vu d'une des étoiles anonymes de la constellation du chien ? Rien ne semble attirer leurs yeux hébétés et leur odorat est comblé par le parfum enivrant des fleurs qu'ils ne cessent de s'auto-envoyer. Les génocides les laissent totalement indifférents ; il n'y a que leurs petits dilemmes qui leur soutirent un peu de considération. Mais peut on leur reprocher d'être les victimes d'une société de propagande ? Leurs têtes sont pleines de ce que les publicitaires s'évertuent à leur faire avaler. L'ado, source de revenus. De la guimauve, c'est tout ce qu'il reste de leur cerveau après des heures de ramollissement intellectuel face aux divers écrans. Ils n'ont plus aucune culture et en sont fiers. La culture, c'est comme la confiture. Ils lynchent ceux qui osent enfin sortir de la poubelle. Le mot "intello" est lâché avec dédain et ignorance. Ceux dont la tête dépassent sont condamnés à être décapités. Ils sombrent dans la drogue et dans l'alcoolisme. Et cette banalisation de l'alcool qui pousse les adeptes à boire de plus en plus, de plus en plus tôt qui les ronge à peine pubères. La cigarette donne un style et se mettre minable devient source d'admiration dans le regard des autres. La nouvelle mode consiste à se mutiler des avant-bras. Réel malaise ou volonté d'attirer l'attention ? Au fond, peu importe. Tout ça parce qu'ils manquent de confiance en eux. A écouter certaines personnes, chaque adolescent va tout rater dans sa misérable vie. Dès leur plus jeune âge, on s'applique à les angoisser avec l'avenir pour les pousser à ingurgiter ce qu'ils appellent l'essence de la réussite. Le système scolaire se leurre à favoriser ceux qui sont nés avec une cervelle plus développée que les autres. Ceux qui suivent, tant mieux, ceux qui ne suivent pas, tant pis. Sous prétexte de leur réussite, on les assomme avec des connaissances à acquérir sans cesse contrôlées et evaluées. La pression devient telle que, s'ils veulent suivre, doivent consacrer une très grande partie de leur temps libre à leurs devoirs pour préserver leur " brillant avenir ". L'école est un mal être, c'est pourquoi les jeunes s'obstinent à contredire leurs chers professeurs. C'est un cercle vicieux : moins les jeunes sont sages, plus ceux ci sont sévères. Plus ils sont sévères moins ils aiment leur travail et moins les élèves aiment les cours. Il faut bien dire que les Grandes Personnes sont aveuglées par cette image péjorative de la jeune génération, assourdies par les "mélodies profondes" qui se revendiquent révolutionnaires. Your revolution is a joke. La folie de la jeunesse est leur prétexte pour ne pas se remettre en question. Les postes sont vacants mais les personnes auxquelles ces rôles étaient destinés ont démissionné depuis bien longtemps. Les professeurs ne sont plus les gardiens du savoir mais ceux d'une classe de jeunes fous sans éducation.
Les générations futures ont de l'avenir : tout a commencé.
J'ai passé mon enfance entre les murs froids et épais d'un monastère à l'image de la société. J'ai toujours été déprimé par la stupidité des jeunes de mon âge. Ce troupeau de mouton, bien gardé d'ailleurs, semble ne vivre que par les yeux des autres. Des yeux impitoyables refusant toute différence et toute vague. Ils se ressemblent tous et ne ressemblent à rien, surtout pas à eux mêmes. Leurs bergers sont appelés "mode" et les enchaînent les uns aux autres dans une danse monocorde. Ils tournent tous autour d'un noyau appelé leur petite personne. Le phénomène des blogs consiste à s'assumer dans des situations ridicules, cela aux yeux de l'entière terre. Comment voulez vous que l'image de la jeunesse soit belle ? Leurs clichés ne représentent qu'eux mêmes : quelle belle preuve de mégalomanie ! Leurs amitiés sont comparables à des châteaux de cartes : un élément change de posture et tout s'écroule. Tout est superficiel, rien n'est ancré et le bateau échoue sur les plages de l'hypocrisie. Il semble que l'indifférence soit le mot maître de cette bulle dont ils ne daignent pas sortir. À quoi peut ressembler ton spleen, ton désespoir et ton chagrin, vu d'une des étoiles anonymes de la constellation du chien ? Rien ne semble attirer leurs yeux hébétés et leur odorat est comblé par le parfum enivrant des fleurs qu'ils ne cessent de s'auto-envoyer. Les génocides les laissent totalement indifférents ; il n'y a que leurs petits dilemmes qui leur soutirent un peu de considération. Mais peut on leur reprocher d'être les victimes d'une société de propagande ? Leurs têtes sont pleines de ce que les publicitaires s'évertuent à leur faire avaler. L'ado, source de revenus. De la guimauve, c'est tout ce qu'il reste de leur cerveau après des heures de ramollissement intellectuel face aux divers écrans. Ils n'ont plus aucune culture et en sont fiers. La culture, c'est comme la confiture. Ils lynchent ceux qui osent enfin sortir de la poubelle. Le mot "intello" est lâché avec dédain et ignorance. Ceux dont la tête dépassent sont condamnés à être décapités. Ils sombrent dans la drogue et dans l'alcoolisme. Et cette banalisation de l'alcool qui pousse les adeptes à boire de plus en plus, de plus en plus tôt qui les ronge à peine pubères. La cigarette donne un style et se mettre minable devient source d'admiration dans le regard des autres. La nouvelle mode consiste à se mutiler des avant-bras. Réel malaise ou volonté d'attirer l'attention ? Au fond, peu importe. Tout ça parce qu'ils manquent de confiance en eux. A écouter certaines personnes, chaque adolescent va tout rater dans sa misérable vie. Dès leur plus jeune âge, on s'applique à les angoisser avec l'avenir pour les pousser à ingurgiter ce qu'ils appellent l'essence de la réussite. Le système scolaire se leurre à favoriser ceux qui sont nés avec une cervelle plus développée que les autres. Ceux qui suivent, tant mieux, ceux qui ne suivent pas, tant pis. Sous prétexte de leur réussite, on les assomme avec des connaissances à acquérir sans cesse contrôlées et evaluées. La pression devient telle que, s'ils veulent suivre, doivent consacrer une très grande partie de leur temps libre à leurs devoirs pour préserver leur " brillant avenir ". L'école est un mal être, c'est pourquoi les jeunes s'obstinent à contredire leurs chers professeurs. C'est un cercle vicieux : moins les jeunes sont sages, plus ceux ci sont sévères. Plus ils sont sévères moins ils aiment leur travail et moins les élèves aiment les cours. Il faut bien dire que les Grandes Personnes sont aveuglées par cette image péjorative de la jeune génération, assourdies par les "mélodies profondes" qui se revendiquent révolutionnaires. Your revolution is a joke. La folie de la jeunesse est leur prétexte pour ne pas se remettre en question. Les postes sont vacants mais les personnes auxquelles ces rôles étaient destinés ont démissionné depuis bien longtemps. Les professeurs ne sont plus les gardiens du savoir mais ceux d'une classe de jeunes fous sans éducation.
Les générations futures ont de l'avenir : tout a commencé.
[ Saez ]
[ Picasso ]
[ H.F Thiefaine - Funeral for a friend ]
[ Picasso ]
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